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(Photo Credit: TAU)

Commémoration du 7 octobre à l’Université de Tel-Aviv

6 October 2026
Lundi 5 octobre, jour de deuil national fixé selon le calendrier hébraïque, la communauté de l’Université de Tel-Aviv a commémoré pour la troisième fois la mémoire des victimes du 7 octobre 2023 et de la Guerre des Épées de Fer, et rendu hommage aux 124 membres de sa communauté disparus. La cérémonie s’est déroulée sur le site mémoriel du campus situé face au Centre Cymbalista pour le patrimoine juif, en présence du Président de l’Université, le Prof. Ariel Porat, de son vice-président Amos Elad, des familles endeuillées, et de centaines d’étudiants et membres du corps professoral.

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En ouverture de la cérémonie, l’enregistrement de la voix de Roni Eshel, “guetteuse” (Tatzpitanit) de Nahal Oz, rapportant en direct l’infiltration massive des terroristes et leur prise de prise de contrôle de la base, juste avant son assassinat, a déchiré le silence, replongeant le public dans le souvenir de la journée maudite du 7 octobre.

« L’avenir de cette société ne nous appartient pas ; il est de notre responsabilité de le construire »

Le Prof. Noga Kronfeld-Schor, rectrice de l’université, a appelé à un examen sans fard de la réalité trois ans après la catastrophe : « Il est difficile d’affirmer que nous sommes déjà sortis de cette épreuve, et nous ne sommes pas encore vraiment revenus à la normale. Mais la question n’est pas de savoir quand nous reviendrons à la situation antérieure, ni même si c’est possible, mais quelle est notre responsabilité actuelle. En tant que scientifiques, face à un résultat inattendu, nous ne l’ignorons pas, mais nous cherchons plutôt à comprendre où nos hypothèses étaient fausses. La capacité de reconnaître ses erreurs et de tirer des leçons de ses échecs n’est pas une faiblesse mais bien une force. Si nous ne sommes pas disposés à tirer les leçons de ce qui a précédé le 7 octobre et de ce qui a été révélé par la suite, nous ne prenons pas nos responsabilités ».

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« Des dizaines de milliers d’étudiants franchiront bientôt nos portes, beaucoup d’entre eux après un long service de réserve. Notre rôle ne se limite pas à délivrer des diplômes, mais aussi à inculquer l’esprit critique, susciter le doute et faire de l’université un lieu d’échanges et de débats constructifs. Il ne suffit pas de supposer qu’il y aura un avenir ici ; nous devons en assumer la responsabilité. Nous continuons d’apprendre, d’enseigner et de faire de la recherche, non pas parce que nous avons repris nos habitudes, mais parce que l’avenir de cette société ne nous appartient pas ; il est de notre responsabilité de le construire ».

« Pour la mémoire et pour le pays, nous devons choisir la vie et croire en la bonté fondamentale de l’homme »

La présidente de l’Union des étudiants, Gal Schoenwetter, a évoqué avec émotion la jeune génération dont la vie a pris brutalement fin, ou dont l’existence a été bouleversée de fond en comble : « Notre génération a perdu l’étincelle dans ses yeux, sa lueur d’innocence. Quand nous pensons à nos amis qui auraient dû obtenir leur diplôme, tomber amoureux, déménager ou simplement continuer à vivre, nous comprenons l’ampleur du prix que nous avons payé. Nous vivons dans une société traumatisée où se côtoient des rescapés de captivité, des familles endeuillées et des réservistes dont la vie a basculé. Il ne faut pas effacer la fracture, mais pour la surmonter, nous devons réapprendre à vivre ensemble malgré les désaccords, restaurer l’écoute et le respect dans le dialogue, et croire, prudemment, que nous sommes capables de traverser ensemble les épreuves qui nous attendent. Pour la mémoire et pour le pays, nous devons choisir la vie et croire en la bonté fondamentale de l’homme ».

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Roni Belkin, père du sergent Omri Belkin, tombé au combat le 7 octobre au kibboutz Be’eri quelques jours avant le début prévu de ses études à la Faculté de droit, a évoqué le souvenir de son fils, ses aspirations, l’empreinte qu’il a laissée sur les étudiants dont les chemins se sont croisés par hasard, et l’espoir perdu de voir son fils fréquenter les salles de classe et fouler les pelouses du campus où il avait lui-même étudié, et où il avait rencontré son épouse, la mère d’Omri.

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Pour terminer, le Prof. Haim Suchowski de l’École de physique et d’astronomie, qui a effectué plus de 300 jours de réserve dans l’Armée de l’air depuis le début de la guerre, a évoqué les transitions parfois invraisemblables qui ont caractérisé sa vie au cours de ces trois dernières années : « des opérations militaires au laboratoire, des périodes de réserve aux entretiens avec les étudiants, des combats aux questions scientifiques et d’innovation. Si nous sommes ici aujourd’hui, sur le campus, à continuer d’apprendre, d’enseigner et de faire de la recherche, c’est grâce au prix payé par les soldats tombés au combat et par les blessés, prix que continuent de payer ceux qui servent encore.

« La vengeance ne doit pas devenir notre guide »

« Une guerre prolongée modifie notre seuil de sensibilité, mais la vengeance ne doit pas devenir notre guide. La conscience et la capacité de voir l’autre ne sont pas des faiblesses ; elles font partie des valeurs que nous nous protégeons. En définitive, la continuité académique et scientifique n’est pas une rupture avec la réalité, mais bien notre réponse à celle-ci : nous protégeons la capacité de vivre, d’apprendre et de créer. Nous devons aux disparus non seulement de nous souvenir comment ils sont morts, mais aussi de ce pour quoi ils ont vécu, et bâtir ici un avenir digne d’eux ».

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Durant la cérémonie, le public a été invité à découvrir le projet « Lire sur leurs pas » de la Bibliothèque des sciences sociales, de gestion et d’éducation de l’Université de Tel-Aviv, dédié aux membres de la communauté de l’université tombés lors de la Guerre des Épées de Fer, qui vise à faire entendre leur voix à travers des textes qui leur étaient chers, comme lecteurs ou comme auteurs. Naomi Melamed, étudiante du Département de théâtre, a lu le poème du poète Anadad Eldan, « Sur les murs de Be’eri », écrit dans la douleur du deuil de sa fille Liraz, assassinée ce matin-là. Eldan, membre du kibboutz Be’eri a survécu dans sa maison au massacre du 7 octobre, avec son épouse Sari. Il s’est éteint deux ans plus tard, le 10 octobre 2025, à l’âge de 101 ans. Un poème écrit quelques jours avant sa mort au combat par le capitaine Omer Wolf, frère de Raz Wolf, étudiante des départements de psychologie et d’études de genre, exprimant son amour pour le peuple d’Israël dans sa diversité, a également été lu.

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La cérémonie a été accompagnée par des performances d’étudiants de l’École de musique : les chanteuses Shiri Maor et Naomi Mor, ainsi que le pianiste Mori Rosenblum.

À la fin du rassemblement, le public a été invité à explorer les portraits des 124 membres de la communauté de l’université tombés depuis l’attaque du 7 octobre, présentés sur des trépieds, à déposer une fleur et à allumer une bougie en leur mémoire.

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Photos :

1.  La cérémonie sur le site mémoriel de l’Université de Tel-Aviv, face au Centre cymbalista pour le patrimoine juif.

2. Le Prof. Noga Kronfeld-Schor, rectrice de l’Université de Tel-Aviv

3. Gal Schoenwetter, présidente de l’Association des étudiant.es de l’Université de Tel-Aviv

4.  Roni Belkin, père du sergent Omri Belkin

5. Le Prof. Haim Suchowski

6. Les chanteuses Shiri Maor et Naomi Mor, et le pianiste Mori Rosenblum

7. La galerie de portraits des membres de la communauté de l’Université de Tel-aviv tombés lors de l’attaque du 7 octobre et de la guerre qui s’en est suivie

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